{"id":244,"date":"2013-04-04T15:43:03","date_gmt":"2013-04-04T14:43:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.martineclerc.ch\/?page_id=244"},"modified":"2014-10-11T09:45:20","modified_gmt":"2014-10-11T08:45:20","slug":"a-propos","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.martineclerc.ch\/?page_id=244","title":{"rendered":"A propos"},"content":{"rendered":"<ol>\n<li><strong>Dans la presse\u00a0<\/strong>(s\u00e9lection)<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0G\u00e9ographies int\u00e9rieures\u00a0\u00bb.<\/em> Envols et replis, \u00e9lans et reflux, la peinture de Martine Clerc est en mouvement. Ou plut\u00f4t en mouvances lentes, en errances incertaines, en r\u00eaveuse d\u00e9rive des continents de l&rsquo;\u00e2me. Elle d\u00e9ambule dans ses paysages int\u00e9rieurs avec des attentes vagues, des langueurs et des gestes suspendus. Le monde qu&rsquo;elle arpente se fait et se d\u00e9fait sans cesse, comme s&rsquo;il craignait de se fixer. Elle s&rsquo;attarde sur ses mati\u00e8res, laissant parfois un rebord de couleur devenir grenu comme une gr\u00e8ve qui ourle un bleu. Elle se pla\u00eet dans les tonalit\u00e9s \u00ab\u00a0entre-deux\u00a0\u00bb : vert d&rsquo;eau, sables, terres&#8230; couleurs d&rsquo;entre-saison, de sous-bois mouill\u00e9s, de r\u00eaveries lentes, de gr\u00e8ves hivernales et de ciels m\u00e9lancoliques.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Fran\u00e7oise Jaunin,<em> \u00abA nos cimaises\u00bb, <\/em>24 Heures, 10 mars 1997<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>\u00ab\u00a0Martine Clerc\u00a0\u00bb<\/i> Ses peintures \u00e0 l&rsquo;huile rel\u00e8vent de l&rsquo;alchimie. Elles allient la porosit\u00e9 de la terre, l&rsquo;immat\u00e9rialit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9ther, le silence de la mer et le\u00a0feu de l&rsquo;enfer. Elles sont d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment abstraites, mais laissent au spectateur le plaisir de deviner la part du monde qui lui revient. Aussi bien verra-t-on un ciel encombr\u00e9 de nuages, une source au fond d&rsquo;un aven profond, ou la terre chaude de l&rsquo;Italie et dor\u00e9e comme du pain. Mais plus que toute autre chose, c&rsquo;est de peinture qu&rsquo;il s&rsquo;agit, de couleurs, de gestualit\u00e9, de dynamisme et de tension qui sont les \u00e9l\u00e9ments primitifs fondamentaux de la cr\u00e9ation. La confraternit\u00e9 des tons, l&rsquo;\u00e9quilibre entre le vertical et l&rsquo;horizontal, la gestion des plages centrales et p\u00e9riph\u00e9riques, la fulgurance d&rsquo;un trait de lumi\u00e8re qui d\u00e9chire l&rsquo;opacit\u00e9 du fond donnent \u00e0 l\u2019\u0153uvre de Martine Clerc l&rsquo;impression d&rsquo;un monde qui s&rsquo;agr\u00e8ge et prend forme, o\u00f9 la vie, ruisselante,tr\u00e9pidante et fascinante, vient juste d&rsquo;appara\u00eetre.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Christophe Flubacher,<em> Expositions,<\/em> <span style=\"font-size: small;\">L\u2019HEBDO <\/span>23 avril 1998<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00ab\u00a0L&rsquo;alliance de la couleur et de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/em> Si l&rsquo;on avait besoin de prouver que la couleur a une \u00e2me, une expression, il suffirait de contempler une toile de Martine Clerc, o\u00f9 l\u2019\u0153il plonge dans des bleus profonds comme de l&rsquo;eau, des ocres et des bruns chaleureux comme une terre, des rouges violents comme une blessure. Elle proc\u00e8de par larges plans color\u00e9s o\u00f9 le regard se perd comme un r\u00eave, tout en incluant d\u00e9sormais dans son travail une \u00e9criture plus gestuelle. Cela respire la vie, le bonheur de peindre. La peinture de Martine Clerc, c&rsquo;est un univers o\u00f9 la po\u00e9sie r\u00e9concilie mati\u00e8re et couleur en une alliance id\u00e9ale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Marcel Pierre ,<em> Expositions, r<\/em>evue<em> Accrochages,<\/em> N\u00b06- avril 1999<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00abBrumes et chuchotements\u00bb.<\/em> Martine Clerc et ses \u00e9l\u00e9gies\u00a0noy\u00e9es de brume sont de retour \u00e0 la Galerie\u00a0 Planque. La nature en reste la grande inspiratrice, mais ses paysages se d\u00e9cantent de plus en plus pour n&rsquo;\u00eatre plus que taches et signes, traces, ombres et nu\u00e9es. L&rsquo;\u00e9paule d&rsquo;une colline, la silhouette estomp\u00e9e d&rsquo;une montagne, la ligne d&rsquo;une cr\u00eate, un nuage qui s&rsquo;\u00e9tire et se d\u00e9fait, ou la g\u00e9ographie laconique de ses paysages int\u00e9rieurs. Tout se confond, se m\u00eale s&#8217;embrume et se d\u00e9lite. Il y a quelque chose d&rsquo;un peu chinois dans sa mani\u00e8re de faire \u00ab\u00a0boire\u00a0\u00bb au papier ses esquisses de paysages, mais comme filtr\u00e9 \u00e0 travers la peinture du Chinois de Paris Zao-Wou-Ki. Pas de lavis ici, mais de l&rsquo;huile sur fusain qui, elle aussi, dissout les contours, d\u00e9mat\u00e9rialise les choses, les rend insaisissables et les suspend dans le flou du moment sans jamais les arr\u00eater. Ce que Martine\u00a0Clerc cherche \u00e0 transcrire, c&rsquo;est moins le paysage m\u00eame, moins les formes qui le dessinent, que leurs \u00ab\u00a0entre-deux\u00a0\u00bb, ce qui se passe entre elles, dans cette oscillation qui brouille la fronti\u00e8re entre le fugace et le permanent, dans ce flottement silencieux qui l&rsquo;invite \u00e0 chuchoter ses r\u00eaveries \u00e9vanescentes.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Fran\u00e7oise Jaunin,<em> Agenda, <\/em>24 Heures, 6 novembre 2006<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><i>\u00ab\u00c0 couper le souffle\u00bb.<\/i> \u00c0 Vevey, une cinquantaine d&rsquo;huiles, pastels et fusains de Martine Clerc se d\u00e9ploient avec majest\u00e9 dans l&rsquo;espace clair de la galerie Arts et Lettres. Sur le papier ou la toile, l&rsquo;artiste peintre n\u00e9e \u00e0 Neuch\u00e2tel jette des \u00e9clairs noirs au fusain qui retentissent comme des d\u00e9flagrations sur la base onctueuse de fonds en cama\u00efeux de gris bleut\u00e9s, parfois en d\u00e9clinaisons d&rsquo;ocres rocailleux. Lignes de failles, d\u00e9chirures en suspension, et ouvertures sur le vide sont les composantes principales d&rsquo;une oeuvre picturale du vertige. Vertige face au paysage alpestre-irr\u00e9ductible \u00e0 la dimension du support rectangulaire- dont l&rsquo;artiste \u00e9tablie \u00e0 Lausanne s&rsquo;inspire \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence. Vertige \u00e9galement face \u00e0 un r\u00e9el insaisissable qui se laisse mieux apprivoiser par le biais de l&rsquo;abstraction. Flous neigeux obtenus par effacement du pastel ou fluidit\u00e9 de l&rsquo;huile, perspectives fugaces trac\u00e9es d&rsquo;un coup rapide et lignes d&rsquo;horizon d\u00e9chiquet\u00e9es comme des cr\u00eates\u00a0ac\u00e9r\u00e9es d\u00e9terminent les seules traces d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9minemment montagneuse, traduite dans une esth\u00e9tique de la puret\u00e9, pour ainsi dire \u00e0 couper le souffle.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Isabelle Vuong,<em> Nos s\u00e9lections,<\/em> 24 Heures, 18 juin 2009<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Deux univers en dialogue \u00e0 l&rsquo;Espace culturel Assens\u00a0\u00bb <\/em>Pierrette Gonseth-Favre et Martine Clerc<em><br \/>\n<\/em>[&#8211;] Les r\u00eaveries cadens\u00e9es de Martine Clerc occupent le bas de l&rsquo;Espace.Tendresse des coloris, chaleur des tons, c&rsquo;est un monde min\u00e9ral qui d\u00e9ploie ses secr\u00e8tes splendeurs.<br \/>\nLe pastel, le fusain et l&rsquo;huile sont tour \u00e0 tour utilis\u00e9s pour \u00e9voquer ici un repli tectonique, l\u00e0 une st\u00e8le, plus loin un profond canyon. La technique de l&rsquo;huile sur calque, m&rsquo;explique l&rsquo;artiste, lui permet de donner des rendus d&rsquo;un liss\u00e9 in\u00e9galable. Les oeuvres en acqui\u00e8rent un aspect de vieux verni qui rappelle le fond des portraits hollandais du 17e si\u00e8cle\u00a0:\u00a0paysages avec figures absentes.<br \/>\nRythmant l&rsquo;accrochage,de grandes huiles sur toile imposent leur pr\u00e9sence dans le chatoiement de couleurs rousses ou bleues.<br \/>\nComme chez Pierrette Gonseth-Favre, l&rsquo;\u00e9nigme de l&rsquo;homme est pos\u00e9e : l\u00e0-bas, minuscule dans un monde qui le d\u00e9passe, ou ici, absent derri\u00e8re les voiles du r\u00eave.<\/p>\n<p>Catherine Dubuis, Domaine public, 30 ao\u00fbt 2014<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Textes publi\u00e9s: \u00a0<\/strong>dans la\u00a0revue<em> Conf\u00e9rence,\u00a0<\/em> Meaux, France<\/p>\n<p><i>\u00abD\u00e9placer les montagnes\u00bb<\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Devant les pastels et fusains de Martine Clerc, le regard, d&rsquo;abord attir\u00e9 par l&rsquo;esquisse d&rsquo;un paysage, se trouve d&#8217;embl\u00e9e emmen\u00e9 plus loin, \u00e9largi, priv\u00e9 d&rsquo;appui. Il t\u00e2tonne dans la contemplation. Aussi revient-il en arri\u00e8re, cherche-t-il des souvenirs: et il les trouve dans des traits, des couleurs qui rappellent la montagne. \u00ab\u00a0Montagnes c\u00e9lestes\u00a0\u00bb, \u00e0 la mani\u00e8re chinoise, refl\u00e9t\u00e9es dans l&rsquo;eau d&rsquo;un lac embrum\u00e9, travers\u00e9es d&rsquo;\u00e9charpes de neige, stri\u00e9es de vents, port\u00e9es par les nuages. Mais il faut vite quitter cette prise facile car, d&rsquo;une image \u00e0 l&rsquo;autre, on bascule dans l&rsquo;espace\u00a0 int\u00e9rieur : la faille min\u00e9rale ouvre sur l&rsquo;organique, le brun \u00e9voque une sorte de lave ou la chaleur des chairs, on pense aux \u00ab\u00a0corridors des os longs, et des articulations\u00a0\u00bb dont parlait Michaux. Quand les cimes reparaissent dans la suite des images, elles sont devenues les montagnes rouge\u00e2tres du coeur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En r\u00e9alit\u00e9, on ne peut \u00ab\u00a0fixer\u00a0\u00bb le lieu o\u00f9 nous conduisent ces pastels : ils nous prennent dans un mouvement perp\u00e9tuel, une temp\u00eate sereine, si l&rsquo;on ose dire : temp\u00eate de neige, de sable, de lumi\u00e8re, o\u00f9 nous sommes cependant guid\u00e9s par les formes, dans un voyage qui se passe aussi \u00e0 diverses profondeurs, sugg\u00e9r\u00e9es par la superpositions subtile des poussi\u00e8res color\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Guid\u00e9s, mais vers quel but ? Ces lignes estomp\u00e9es ne nous assignent aucun terme, ni m\u00eame\u00a0une direction \u00e0 l&rsquo;exclusion d&rsquo;une autre. Pourtant, elles ne nous \u00e9garent pas, et le voyage n&rsquo;est pas vain. Si nous les regardons assez longtemps, elles nous rendent attentifs \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement : ici, un nuage divise une \u00e9paule de roc, en fait deux ailes noires. Ailleurs, la lumi\u00e8re tombe dans un gouffre de feuilles. Le reflet d&rsquo;un sommet se d\u00e9double, ou se creuse vers le centre de la terre. Le crat\u00e8re d&rsquo;un volcan bleu laisse entrevoir ses entrailles de neige;\u00a0autant de m\u00e9taphores approximatives qui voudraient d\u00e9signer une impression commune : l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement est intrusion, accueil ou pouss\u00e9e d&rsquo;autre chose qui envahit l\u00a0\u00bbespace initial. Souvent cette \u00ab\u00a0autre chose\u00a0\u00bb a une couleur diff\u00e9rente, mais pas toujours. Dans l&rsquo;admirable pastel qui cl\u00f4t la s\u00e9rie, c&rsquo;est une alt\u00e9ration intime du\u00a0brun, quelques ondes \u00e0 peine perceptibles, qui la signalent. Car cette nouvelle venue n&rsquo;est pas seulement juxtapos\u00e9e aux \u00e9l\u00e9ments\u00a0ant\u00e9rieurs; \u00a0elle cherche sa place au milieu d&rsquo;eux, les modifie, oblige \u00e0 trouver dans la composition un nouvel \u00e9quilibre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous comprenons alors qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas seulement des transformations d&rsquo;un paysage, mais de la n\u00f4tre, de nos remous int\u00e9rieurs quand quelque chose, quelqu&rsquo;un, venu du dehors ou du dedans, demande \u00e0 \u00eatre reconnu et, pour cela nous change. Quel nom plus pr\u00e9cis donner \u00e0 ce qui a lieu dans ces images, nous entra\u00eene et nous invite \u00e0 consentir \u00e0 l&rsquo;impr\u00e9visible, dans un calme vertige? Nous sommes peut-\u00eatre \u00ab\u00a0en vue de na\u00eetre\u00a0\u00bb *.<\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12px;\">* Cette belle expression est emprunt\u00e9e \u00e0 Jean-Marc Sourdillon\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Jean-Pierre Lemaire, \u00a0<em>Conf\u00e9rence,<\/em> N\u00b0 23 \/ 2003 (14\u00a0pastels)<\/p>\n<h6 style=\"color: #333333; font-style: normal;\"><span style=\"font-size: 14px;\"><em> \u00abLes yeux de la m\u00e9moire\u00bb<\/em><\/span><\/h6>\n<h6 style=\"color: #333333; font-style: normal;\"><\/h6>\n<h6 style=\"color: #333333; font-style: normal; text-align: justify;\">Ruelle du Lapin vert, mois de\u00a0mars. Par une faille du vieux Lausanne\u2028, Martine\u00a0Clerc \u00e9pie le passage des nuages. La lucarne est grise aujourd&rsquo;hui. Mais,derri\u00e8re\u00a0le rideau du gris, l\u00e0-bas au fond, les contours du lac et de la montagne doivent bien exister, pr\u00e9sences cach\u00e9es qui se devinent avec les yeux de la m\u00e9moire. Au premier plan, cath\u00e9drale et toits de la cit\u00e9 en pente, \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-fond les coulisses d&rsquo;un paysage familier. Dans la hauteur, les nuages.<\/h6>\n<p style=\"text-align: justify;\">La peinture, pour Martine Clerc, n&rsquo;est pas repr\u00e9sentation d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 ext\u00e9rieure, mais d\u00e9voilement d&rsquo;un paysage cach\u00e9 au-dedans de nous. Non pas l&rsquo;eau, la roche, l&rsquo;arbre, mais leur r\u00eave. La mati\u00e8re du paysage, dans les yeux de l&rsquo;artiste, subit une m\u00e9tamorphose : passe de l&rsquo;\u00e9tat solide, liquide, gazeux, \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat onirique. A travers l&rsquo;ouverture de la lucarne, le lapin vert a accompli sa magie.<br \/>\nLa lumi\u00e8re qui tombe dans l&rsquo;atelier lausannois peut \u00eatre une paisible lumi\u00e8re estivale ou une lumi\u00e8re d&rsquo;orage d\u00e9chir\u00e9e par l&rsquo;\u00e9clair, mais l&rsquo;artiste se retire toujours, timidement, et pose un filtre entre elle-m\u00eame et la r\u00e9alit\u00e9. Les fl\u00e8ches de la cath\u00e9drale s&rsquo;\u00e9croulent, les petits monstres du portail gothique s&rsquo;envolent, les passants ont disparu, les montagnes s&rsquo;\u00e9miettent et, par la lucarne, seul l&rsquo;\u00e9cho d&rsquo;une transfiguration nous parvient. Le silence d\u00e9barque sur les rives du L\u00e9man. Comme d&rsquo;autres artistes qui travaillent ou qui ont travaill\u00e9 dans cette r\u00e9gion, Martine Clerc aime s&rsquo;attarder non tant sur les choses que sur la m\u00e9moire des choses. Non sur le tumulte de la vie, mais sur son \u00e9cho.<br \/>\nSur les rives du L\u00e9man, l&rsquo;abstraction lyrique est prise en charge sous sa forme plus discr\u00e8te. A l&rsquo;oppos\u00e9 de la vitesse chavirante de Mathieu ou des giclures embrouill\u00e9es de Pollock, la lumi\u00e8re int\u00e9rieure, la trace, la nuance, la caresse : quelque chose qui a affaire avec l&rsquo;Orient.<br \/>\nPendant que je regarde les pastels, les fusains, les papiers &#8211; qui peuvent aussi bien \u00eatre de simples papiers de cuisine \u00e0 mettre au four &#8211; nous entendons, sur le palier le pas de l&rsquo;homme de la porte \u00e0 c\u00f4t\u00e9. C&rsquo;est un vieux myst\u00e9rieux,\u00a0qui vient d&rsquo;un pays balkanique et qui pratique encore les danses traditionnelles de son pays. Un vieux qui vit seul, cach\u00e9, dans un studio encombr\u00e9 d&rsquo;objets, et qui donne des le\u00e7ons de latin, comme dans un r\u00e9cit de r\u00eave. Je le regarde et son aspect me fait penser \u00e0 un grand peintre qui a beaucoup aim\u00e9 cette ville en pente et qui voilait objets et personnages de cendre silencieuse:\u00a0Ren\u00e9 Auberjonois. Vous voyez que des relations \u00e9troites existent entre les artistes et les lieux o\u00f9 ils ont v\u00e9cu&#8230;<br \/>\nLe vieux s&rsquo;en va, lov\u00e9 dans son myst\u00e8re, et nous, nous restons sous la lucarne \u00e0 regarder les oeuvres. Stratifications de formes, courbes douces. Couleurs ind\u00e9finies et parfois bless\u00e9es par des signes douloureux, par des engorgements. Oeuvres qui nous donnent un peu de beaut\u00e9, si ce que dit Tal-Coat dans l&rsquo;une de ses lettres est vrai: <em>\u00ab\u00a0Une belle oeuvre doit nous donner un soufffle plus grand, une joie qui nous met \u00e0 l&rsquo;aise en nous-m\u00eame, en\u00a0l&rsquo;univers.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\u00a0 \u00a0Alberto Nessi,\u00a0(traduit de l&rsquo;italien par P.-A. T\u00e2che), <em>\u00a0Conf\u00e9renc<\/em>e, N\u00b0 26\/ 2006 \u00a0( 12 papiers superpos\u00e9s, pastel et fusain)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00abOmbres et entrailles\u00bb\u00a0<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D&rsquo;une certaine opacit\u00e9 pr\u00e8s de s&rsquo;\u00e9claircir, bleut\u00e9e; d&rsquo;une l\u00e9g\u00e8re \u00e9bri\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;air, vibrant (<em>comme, un instant, de voir double<\/em>), fr\u00e9missant <em>(papier se pla\u00eet \u00e0 gondoler<\/em>) ; d&rsquo;une r\u00eaverie \u00e0 la d\u00e9rive ; d&rsquo;un r\u00eave irr\u00e9v\u00e9l\u00e9, dont la derni\u00e8re image retenue h\u00e9siterait, dans le flou, \u00e0 s&rsquo;\u00e9vanouir. La lumi\u00e8re n&rsquo;est d&rsquo;aucun moment de la journ\u00e9e : sous-jacente, incertaine dans sa transparence, elle \u00e9mane du support que le fusain n&rsquo;a fait qu&rsquo;effleurer sauf l\u00e0 ou vint &#8211; sous quelle dict\u00e9e ?- un \u00e9troit d\u00e9fil\u00e9, un fourr\u00e9, un rassemblement de nuages (<em>cumulus comme corymbes ; nappe plus souvent ).<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>*<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ciels plus ou moins d\u00e9gag\u00e9s, embrass\u00e9s d&rsquo;un coup. Ravins, gorges, cr\u00eates \u00e9mergent, tels des lieux souvenus (<em>leur n\u00e9gatif<\/em>), soit des ombres de paysages qu&rsquo;on reparcourrait \u00e0 tire-d&rsquo;aile, qu&rsquo;on palperait du regard. L&rsquo;air seulement. Vient par vagues poreuses, adoucies. Rarement tendra \u00e0 s&rsquo;\u00e9paissir, sans peser, \u00e0 la faveur d&rsquo;un accident de terrain. Ailleurs, \u00e0-coups, striures, plis <em>(un rideau d&rsquo;air<\/em>) se contrarient, s&rsquo;\u00e9pousent dans le voisinage d&rsquo;\u00e9tangs, de mar\u00e9cages. Des bans de brouillard s&rsquo;attardent ou disparaissent, comme cire perdue, nos pens\u00e9es. De variation en variation s&rsquo;illustre un sentiment de la m\u00e9t\u00e9orologie ou plut\u00f4t une m\u00e9t\u00e9orologie du sentiment au gr\u00e9 d &lsquo;une exploration buissonni\u00e8re plurielle, a\u00e9rienne (<em>des brass\u00e9es, buissons ou brouillons de nuages). <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">Une aile g\u00e9ante plane au-dessus de nos t\u00eates : sphinx jalousement attach\u00e9 \u00e0 notre sauvegarde? Nocturne cerf-volant pr\u00eat \u00e0 s&rsquo;abattre sur nous? Un gouffre soudain (renversement vertigineux), une crevasse s&rsquo;ouvrant sous nos yeux r\u00e9veille une inqui\u00e9tude ancienne, ancestrale, primitive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Autour, blancheur vaporeuse du papier rassure.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">*<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bonheur, dominant une plaine baign\u00e9e de clart\u00e9, de longer un escarpement rocheux <em>(falaise fronc\u00e9e<\/em>), de marcher sur un sol grumeleux qu&rsquo;on sent s&rsquo;effriter, se d\u00e9faire sous nos pas, d&rsquo;aller de collines en vallonnements (<em>montagne au f\u00e9minin<\/em>),de se faufiler entre ombres et entrailles. Dans une sorte d&rsquo;anse form\u00e9e par les alluvions d&rsquo;une rivi\u00e8re ass\u00e9ch\u00e9e depuis longtemps, c&rsquo;est comme si, plus bas, un chemin, un sentier \u00e9tait \u00e0 chercher parmi les pierres, les quartiers de roche. Pour guide, \u00e0 peine un filet d&rsquo;eau <em>(tel, trop faible peut-\u00eatre pour porter un salut, un filet de voix).<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>*<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans la grisaille des jours, fra\u00eecheur na\u00eetra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-size: 14px;\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 Pierre Chappuis,<em>\u00a0<\/em><em>Conf\u00e9rence<\/em>, N\u00b0 28 \/ 2008 (<span style=\"line-height: 1.6em;\">8 papiers superpos\u00e9s, fusains).Texte paru aussi dans <em>\u00ab\u00a0De l&rsquo;un \u00e0 l&rsquo;autre\u00a0\u00bb (dans la compagnie d&rsquo;artistes amis), <\/em>\u00c9d. La Baconni\u00e8re,2010.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"font-size: 14px;\"><span style=\"line-height: 1.6em;\">\u00a0<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0 <strong>Textes de pr\u00e9sentation <\/strong><strong>\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00abOn dit souvent qu\u2019un tableau sur ch\u00e2ssis est une fen\u00eatre ouverte sur le monde; et par elle, on s\u2019\u00e9chappe. Mais les tableaux de Martine Clerc, je le dirais plut\u00f4t, sont des fen\u00eatres ouvertes par lesquelles le monde afflue vers nous\u00bb [&#8211;]<br \/>\nPeinture abstraite, non pas; mais <i>r\u00e9miniscence <\/i>de paysages dans une brume oc\u00e9anique lumineuse. Paysages de montagnes vigoureuses, paysages d\u2019\u00e9cume marine sur les r\u00e9cifs.<br \/>\nPeut-\u00eatre <i>r\u00e9miniscence<\/i>, comme si la m\u00e9moire devait l\u00e9gitimer une refondation du r\u00e9el. Autre lecture: <i>r\u00e9appropriation<\/i> de ces paysages r\u00e9els, oc\u00e9aniques ou alpins, par la m\u00e9moire certes, mais surtout par une torsion articul\u00e9e de la vision: au lieu d\u2019\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 frontalement dans des plans parall\u00e8les \u00e0 celui de notre visage, ici le r\u00e9el est comme perpendiculaire au plan du regard et devient une trajectoire filant \u00e0 nous depuis une aube.<br \/>\nCe mouvement de la perspective, dans la couleur seule et presque sans trait, affirme son originalit\u00e9 en explicitant l\u2019articulation. Le tableau, outre sa qualit\u00e9 sensible \u00e9vidente, manifeste une sorte de dramaturgie o\u00f9 se proclame quelque chose de l&rsquo;ordre du basculement ou de l&rsquo;inflexion violente. Effets de fracture ou rupture au sein du paysage alpin ou marin: et je suis frapp\u00e9 par les \u00ab\u00a0m\u00e9taphores\u00a0\u00bb r\u00e9currentes de l&rsquo;articulation au corps humain, genou, coude, cheville, \u00e9paule&#8230; Dans cette peinture sensible et tactile, par laquelle l&rsquo;espace vient palper ma chair et mes yeux, un noeud \u00e9pais, coud\u00e9, pli\u00e9 de volont\u00e9, de duret\u00e9 et de mati\u00e8re en contrejour, vient rebondir contre moi, contre la lumi\u00e8re, contre la couleur claire: ce noeud vient nommer le fait m\u00eame du retournement qui rend l&rsquo;horizon perpendiculaire \u00e0 mon front et la vie regardable dans son profil dramatique.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Yves Bergeret<em>,<em>\u00a0<\/em><\/em><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-size: small;\">Extraits de\u00a0<\/span><\/span><em><em><em><em><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-size: small;\">Sur la peinture de Martine Clerc, <\/span><\/span><\/em><\/em><\/em><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"font-size: small;\">Paris juillet 2000<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[&#8211;] \u00a0Regard de la promenade ou du r\u00eave, ou -mieux- de l\u2019imaginaire qui se souvient et recompose[&#8211;] C\u2019est l\u00e0 une sorte de guide montagnard de la dur\u00e9e, d\u2019une longue pratique et qui est un morceau de vie, la compr\u00e9hension de l\u2019\u00e2pret\u00e9 des choses, de leur myst\u00e8re, l\u2019adh\u00e9sion au secret de la douceur et de la rude beaut\u00e9 du monde [&#8211;] Le peintre, l\u00e0, comme le po\u00e8te, c\u2019est quelqu\u2019un qui a vu quelque chose, et qui le montre ou le dit. On ne sait jamais tr\u00e8s bien quoi. Mais c\u2019est souvent un surplus de r\u00e9alit\u00e9 pour l\u2019interrogation passionn\u00e9e des hommes, et qui saute les barri\u00e8res, les haies, les vallons et les gouffres de la raison pour grimper alors vers ce lieu o\u00f9, en une trace prise, la terre rejoint le ciel [&#8211;]<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Extraits du texte de Christian Sulser<em>,<\/em>\u00a0Galerie de l&rsquo;Orangerie, 1993<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">[- -] Il s&rsquo;agit au premier abord d&rsquo;une symphonie de couleurs, jamais pures mais riches de tonalit\u00e9s raffin\u00e9es, aux formes souvent incertaines, ind\u00e9finies, s&rsquo;interp\u00e9n\u00e9trant subtilement les unes les autres. Dans certains pastels la couleur est mouvement, dynamisme, envol, vie tr\u00e9pidante, jubilation. Dans d&rsquo;autres, calme, luxuriance ma\u00eetris\u00e9e et- encourag\u00e9 par la sensualit\u00e9 de la mati\u00e8re- je dirais presque volupt\u00e9, si le clich\u00e9 me le\u00a0permettait. Plus rarement, dans les huiles surtout, la plage color\u00e9e est apparemment d\u00e9finie, presque abrupte, mais ici aussi- le plus souvent- l&rsquo;absence de trait d\u00e9limitant laisse le spectateur attentif choisir la fronti\u00e8re entre deux nuances.<br \/>\nDans cette surprenante diversit\u00e9, ce qui me frappe tout particuli\u00e8rement, c&rsquo;est l&rsquo;indiscutable unit\u00e9 de style, qui est la marque d&rsquo;un cr\u00e9ateur en pleine possession de ses moyens d&rsquo;expression. C&rsquo;est le style qui fait qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;avenir vous reconna\u00eetrez au premier coup d&rsquo;oeil un tableau de Martine Clerc, alors m\u00eame que le \u00ab\u00a0sujet\u00a0\u00bb n&rsquo;existe pas et qu&rsquo;elle ne refait jamais le m\u00eame tableau\u00a0 .[&#8211;]<br \/>\nQue le r\u00e9sultat soit un tableau figuratif ou non figuratif, ce que le peintre nous restitue n&rsquo;est pas ce qu&rsquo;il a vu mais bien l&rsquo;\u00e9quivalent pictural de l&rsquo;invisible qui est en lui. Zao Wou-ki n&rsquo;exprimait pas autre chose, lorsqu&rsquo;il d\u00e9clarait \u00ab\u00a0<em>Les gens croient que la peinture et l&rsquo;\u00e9criture consistent \u00e0 reproduire les formes et la ressemblance. Non ! Le pinceau sert \u00e0 faire sortir les choses du chaos\u00a0\u00bb .<\/em><br \/>\nLe \u00ab\u00a0chaos\u00a0\u00bb.* Lui aussi ! Alors que nous, nous l&rsquo;ignorons !<br \/>\nL&rsquo;une des sp\u00e9cificit\u00e9s de l&rsquo;artiste pourrait bien \u00eatre cette facult\u00e9 de capter l&rsquo;inconscient et de nous le faire entrevoir, de nous le\u00a0<em>\u00ab\u00a0signifier<\/em>\u00ab\u00a0.<br \/>\n*R\u00e9f\u00e9rence \u00e0 A. Malraux, \u00ab\u00a0Les voix du silence\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Tout art commence par la lutte contre le chaos\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Extraits\u00a0du texte de Jean-Fran\u00e7ois Enrico<em>,\u00a0<\/em>Galerie du Moulin de la Tourelle, 2005<\/p>\n<p><em>Martine Clerc et Pierrette Gonseth-Favre\u00a0\u00e0 L&rsquo;Espace culturel d&rsquo;Assens<br \/>\n<\/em>[&#8211;] Ne c\u00e9dons pas au vieux d\u00e9bat abstraction-non-figuratif, Martine Clerc n&rsquo;en a cure. Elle porte son regard sur des d\u00e9tails, elle isole des morceaux de nature, extrapole. La critique parle \u00e0 son sujet de \u00ab\u00a0g\u00e9ographies int\u00e9rieures\u00a0\u00bb comme Fran\u00e7oise Jaunin; Isabelle Vuong rel\u00e8ve \u00ab\u00a0des lignes de failles, des d\u00e9chirures en suspension, des ouvertures sur le vide\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 Alberto Nessi, il \u00e9voque \u00ab\u00a0les yeux de la m\u00e9moire. L&rsquo;art sert aussi, comme l&rsquo;a dit Paul Klee, non pas \u00e0 reproduire le visible mais \u00e0 rendre visible. Les titres que Martine Clerc ne donne jamais \u00e0 ses \u0153uvres ouvrent donc la porte \u00e0 la r\u00eaverie sans que soit propos\u00e9e la moindre interpr\u00e9tation. L&rsquo;\u0153il sauvage peut faire son miel, se laisser envahir par les images int\u00e9rieures qui renvoient au v\u00e9cu de l&rsquo;artiste ou \u00e0 ses \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me. Elle n&rsquo;a de cesse d&rsquo;ouvrir des fen\u00eatres d\u00e9bouchant sur un ailleurs o\u00f9 les transparences et les lignes de forces le disputent \u00e0 un onirisme sous-jacent. Et les papiers coll\u00e9s, le papier calque aident \u00e0 la d\u00e9monstration.<br \/>\nLes \u0153uvres \u00e0 la cimaise ne sauraient faire oublier cet incontournable lieu qu&rsquo;est l&rsquo;atelier sur lequel on fait habituellement l&rsquo;impasse. Voici quelques ann\u00e9es, notre Lausannoise eut la chance d&rsquo;en trouver un sous les toits, en plein c\u0153ur de la cit\u00e9. La n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;un lieu \u00e0 soi, tout de concentration pour ne pas dire de m\u00e9ditation.[&#8211;]Son propre corps dans l&rsquo;espace, le premier geste, toujours spontan\u00e9 mais partant d&rsquo;un m\u00eame point, la surface, la tonalit\u00e9 choisie vont orienter l&rsquo;oeuvre en devenir.<br \/>\nTout peut advenir jusqu&rsquo;\u00e0 la lancinante question \u00e0 laquelle il n&rsquo;est jamais r\u00e9pondu, celle qui fait qu&rsquo;on pose le crayon ou le fusain, qu&rsquo;on laisse l&rsquo;huile s\u00e9cher parce que la messe est dite ! Certains dessins rejoindront les portefeuilles, d&rsquo;autres passeront \u00e0 la corbeille. Un tableau achev\u00e9 ouvre une br\u00e8che : quid du suivant ? Opter pour l^huile plut\u00f4t que pour le trait, c&rsquo;est aussi s&rsquo;inscrire dans la dur\u00e9e, travailler les mati\u00e8res en jouant avec les transparences. Intervient aussi cette constante recherche d&rsquo;un \u00e9quilibre, avec ce myst\u00e9rieux corps \u00e0 corps entre soi et la surface \u00e0 investir. Quant au choix de la palette, il est volontairement restreint, contenu dans des tonalit\u00e9s qui parlent \u00e0 mots couverts, jamais tapageuses.<br \/>\nAvec d\u00e9j\u00e0 une vingtaine d&rsquo;expositions \u00e0 son actif, jug\u00e9es \u00e0 l&rsquo;aune du regard des autres, Martine Clerc sait qu&rsquo;elle est redevable \u00e0 ce public qui lui fait confiance, l&rsquo;obligeant \u00e0 se d\u00e9passer, \u00e0 exploiter au mieux ses propres ressources. D&rsquo;aucuns verront dans sa d\u00e9marche une qu\u00eate po\u00e9tique, empreinte de sensualit\u00e9. N&rsquo;oublions pas que Martine partage sa vie avec Pierre-Alain T\u00e2che dont elle a illustr\u00e9, \u00e0 sa demande, d\u00e9j\u00e0 trois ouvrages, dont l&rsquo;excellent<em>\u00a0 Noces de rochers. <\/em>Le vocable d&rsquo;illustration n&rsquo;est pas appropri\u00e9; il s&rsquo;agit davantage de deux voies qui se juxtaposent , celle des po\u00e8mes et celle d&rsquo;un cheminement \u00e9minemment personnel dont les variations de gris et de structures titilleront notre imaginaire. Une entreprise commune infiniment stimulante o\u00f9 dessin, pastel et fusain jouent leur partition. L&rsquo;artiste n&rsquo;est-t-il pas finalement constitu\u00e9 de beaucoup de lieux de m\u00e9moire formant un vaste puzzle dont il exploite les morceaux, au fil de r\u00e9miniscences venues du fond des \u00e2ges.<br \/>\n[&#8211;]<br \/>\n.Extraits du texte de Jacques Dominique Rouiller, Espace culturel Assens 23 ao\u00fbt 2014<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la presse\u00a0(s\u00e9lection) \u00ab\u00a0G\u00e9ographies int\u00e9rieures\u00a0\u00bb. Envols et replis, \u00e9lans et reflux, la peinture de Martine Clerc est en mouvement. Ou plut\u00f4t en mouvances lentes, en errances incertaines, en r\u00eaveuse d\u00e9rive des continents de l&rsquo;\u00e2me. Elle d\u00e9ambule dans ses paysages int\u00e9rieurs &hellip; <a href=\"https:\/\/www.martineclerc.ch\/?page_id=244\">Continuer la lecture <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-244","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.martineclerc.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/244","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.martineclerc.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.martineclerc.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.martineclerc.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.martineclerc.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=244"}],"version-history":[{"count":102,"href":"https:\/\/www.martineclerc.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/244\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":907,"href":"https:\/\/www.martineclerc.ch\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/244\/revisions\/907"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.martineclerc.ch\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=244"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}